Grand Dossier n°5 : 5 grandes marques de Hi-Fi que l’on a presque oubliées
ASW — De la menuiserie aux enceintes des connaisseurs
De la menuiserie aux enceintes des connaisseurs
Après Acoustic Research, SIARE, Goodmans et THIEL, notre dernière étape nous ramène en Allemagne.
Et cette fois, l’histoire est différente.
ASW n’a jamais été un géant mondial comparable à Acoustic Research ou Goodmans. Elle n’a pas non plus cherché à révolutionner toute l’industrie comme THIEL.
Mais elle possède une particularité qui la rend particulièrement intéressante dans ce dossier : elle s’est construite autour d’un véritable savoir-faire artisanal et industriel du coffret, avant de devenir pendant près de trente ans une marque d’enceintes reconnue et appréciée des connaisseurs.
Son histoire commence d’ailleurs bien avant la création officielle d’ASW.
Et elle commence avec… du bois.
Une histoire qui commence dans une menuiserie
Les racines de l’entreprise familiale remontent à 1932, lorsque Gerhard Roterring fonde une petite menuiserie dans le Münsterland, en Allemagne. L’entreprise va progressivement grandir et développer son savoir-faire dans le travail du bois.
Au fil des décennies, cette activité va prendre une orientation particulièrement intéressante pour notre histoire : la fabrication de coffrets d’enceintes.
La famille Roterring va ainsi travailler pendant plusieurs décennies pour différents fabricants de Hi-Fi allemands et européens.
Le site officiel de Roterring indique aujourd’hui que l’entreprise a fabriqué pendant plus de cinquante ans des coffrets pour des marques telles que Canton, Quadral, T+A, Burmester, Steinway Lyngdorf, Nubert… et ASW elle-même.
Ce détail est essentiel pour comprendre ASW.
Son histoire n’est donc pas celle d’une marque d’enceintes créée de toutes pièces en 1987.
Le savoir-faire nécessaire à la fabrication d’une enceinte était déjà présent depuis longtemps.
La maîtrise du bois, des assemblages, des placages, de la précision dimensionnelle et des finitions allait devenir une partie importante de l’identité de la future marque.
Avant ASW, des enceintes fabriquées sur commande
Selon la documentation historique publiée par ASW elle-même, les fondations de l’entreprise remontent à la fin des années 1970.
À cette époque, des enceintes sont déjà fabriquées sur commande.
Pendant environ dix ans, cette activité se développe avant que l’entreprise ne décide de commercialiser ses propres enceintes sous une marque véritablement identifiée.
Cette période est importante.
Elle permet d’accumuler une expérience concrète dans la fabrication d’enceintes, tout en développant progressivement une identité propre.
Puis arrive le moment décisif.
1987 : naissance officielle d’ASW
En novembre 1987, ASW Lautsprecher GmbH est officiellement fondée à Vreden, dans le Münsterland.
Le nom ASW signifie Accurate Sound Wave.
La philosophie affichée par la marque est assez claire : associer design, savoir-faire artisanal et qualité sonore.
Et surtout, ASW veut proposer des enceintes capables de reproduire la musique de manière naturelle et fidèle.
La marque va donc se spécialiser dans un domaine précis :
l’enceinte acoustique.
Pas d’électronique spectaculaire.
Pas de catalogue gigantesque rempli de produits très différents.
ASW va essentiellement consacrer son savoir-faire au développement et à la fabrication d’enceintes.
1988 : la Cantius entre en scène
Un an seulement après la création officielle d’ASW apparaît la première génération de la Cantius.
Cette gamme va devenir la plus importante et la plus durable de l’histoire de la marque.
La documentation ASW de 2012 précise que les premières Cantius ont été commercialisées dès 1988 et que la gamme en était alors à sa cinquième génération.
C’est une longévité remarquable.
Pendant près de trente ans, le nom Cantius va rester associé à ASW.
La gamme évoluera naturellement avec les progrès techniques et les attentes du marché, mais conservera certaines constantes :
- une fabrication allemande ;
- des coffrets particulièrement soignés ;
- de nombreuses possibilités de finition ;
- une restitution recherchée comme équilibrée et naturelle ;
- une volonté de proposer plusieurs niveaux de gamme.
Pour beaucoup d’amateurs, Cantius deviendra presque synonyme d’ASW.
Le coffret comme véritable savoir-faire
C’est probablement ici que l’histoire d’ASW devient particulièrement intéressante.
Chez certains constructeurs, le coffret est essentiellement considéré comme une structure nécessaire autour des haut-parleurs.
Chez ASW, il constitue une partie importante du produit.
L’expérience historique de la famille Roterring dans la menuiserie et la fabrication de coffrets permet à l’entreprise d’accorder une attention particulière aux matériaux, aux assemblages et aux finitions.
Cette expertise ne signifie évidemment pas qu’ASW était simplement un fabricant de coffrets.
ASW concevait et commercialisait des enceintes complètes.
Mais son histoire industrielle explique pourquoi la qualité de fabrication est devenue l’un de ses principaux arguments.
Les essais de la presse spécialisée insistent régulièrement sur ce point.
En 2013, HiFi Test souligne par exemple l’excellente qualité de fabrication de la Cantius 212 et lui attribue 4,5 étoiles sur 5 dans la catégorie « Oberklasse ».
Le « Made in Germany »
ASW va également construire une grande partie de son identité autour du Made in Germany.
Dans les années 2000 et 2010, alors que la fabrication de nombreux produits électroniques devient progressivement mondialisée, la marque continue à mettre en avant sa production allemande.
Une publication spécialisée de 2014 présente encore ASW comme un fabricant dont les enceintes sont développées et fabriquées en Allemagne et souligne que cette fabrication locale constitue un élément important de son identité.
Cette philosophie est cohérente avec son histoire.
ASW ne cherche pas nécessairement à produire le moins cher possible.
Elle cherche plutôt à maîtriser la fabrication et à proposer une enceinte finie avec un niveau de présentation élevé.
Et cela se voit particulièrement dans les finitions.
Une personnalisation impressionnante
L’un des traits caractéristiques d’ASW est la possibilité de choisir parmi un nombre très important de finitions.
La marque propose des placages bois, des laques et des finitions brillantes, avec une palette particulièrement large.
Pour certaines générations, le choix dépasse vingt finitions.
Sur la Cantius 412 testée en 2015, Lite-Magazin évoque même plus de 32 surfaces différentes réparties entre placages, laques satinées et finitions brillantes.
Ce niveau de personnalisation est révélateur de la philosophie ASW.
L’enceinte n’est pas uniquement considérée comme un appareil technique.
Elle doit également pouvoir s’intégrer dans un intérieur.
Et dans ce domaine, le savoir-faire familial issu de la menuiserie prend tout son sens.
Une gamme qui ne cesse de s’élargir
La Cantius reste la famille la plus connue, mais ASW ne se limite pas à elle.
Au fil des années apparaissent notamment les gammes Genius, Opus et Sonus, auxquelles s’ajoutent différentes séries et modèles destinés à couvrir plusieurs niveaux de prix.
La marque développe également des produits destinés au home cinéma, tandis que ses gammes stéréo continuent à évoluer.
Cette diversité permet à ASW de toucher un public assez large.
Une petite enceinte de bibliothèque peut côtoyer une grande colonne haut de gamme.
Et malgré cette diversité, l’identité visuelle reste généralement très cohérente.
Une réputation construite dans la presse spécialisée
ASW ne deviendra jamais une marque grand public mondialement connue.
Mais elle va progressivement construire quelque chose de plus discret :
une réputation auprès des connaisseurs.
Hifi-Wiki résume cette réputation en soulignant que, pendant près de trente ans, les enceintes ASW « Made in Germany » se sont distinguées par leur large gamme, leur excellente finition et une restitution neutre régulièrement saluée par la presse spécialisée.
Ce n’est donc pas une marque que l’on doit présenter comme inconnue.
Au contraire.
ASW était bien connue dans le milieu Hi-Fi allemand et auprès des passionnés qui s’intéressaient aux constructeurs spécialisés.
C’est sa visibilité actuelle qui a considérablement diminué.
Cantius 212 : la synthèse de la philosophie ASW
La Cantius 212 est un excellent exemple de ce que représentait ASW dans les dernières années de son existence.
Cette petite enceinte deux voies utilise un haut-parleur de grave-médium de 110 mm et un tweeter de 25 mm.
Elle adopte une charge bass-reflex et une conception permettant notamment le bi-câblage.
Mais ce qui frappe surtout est le niveau de finition.
HiFi Test souligne son excellente qualité de fabrication, sa restitution ouverte et colorée, ainsi que son équilibre tonal. La publication lui attribue 4,5 étoiles sur 5 et une distinction « Oberklasse ».
Le tarif annoncé à l’époque était d’environ 800 € la paire.
Ce positionnement est intéressant.
ASW n’essaye pas seulement de vendre une enceinte luxueuse.
Elle cherche à proposer une qualité de fabrication et une présentation haut de gamme à un prix encore relativement accessible.
Cantius 412 : le savoir-faire poussé plus loin
Deux ans plus tard, la Cantius 412 montre que la marque conserve de grandes ambitions.
Cette imposante colonne adopte notamment deux haut-parleurs de 150 mm à membrane carbone et un tweeter à dôme textile.
Mais une fois encore, le coffret attire autant l’attention que les transducteurs.
Lite-Magazin décrit la finition de son placage brillant comme particulièrement réussie et insiste sur le soin apporté à la fabrication.
C’est probablement ce qui résume le mieux ASW :
une technologie sérieuse, mais présentée dans un produit dont la fabrication est elle-même considérée comme une partie du plaisir
Une signature sonore plutôt équilibrée
Sur le plan sonore, ASW ne cherche pas systématiquement l’effet spectaculaire.
Les essais de ses enceintes reviennent régulièrement sur leur équilibre, leur neutralité et leur capacité à proposer une écoute détaillée sans agressivité excessive.
La Cantius 212 est ainsi décrite par HiFi Test comme offrant une restitution impulsionnelle, ouverte et riche en nuances, avec une bonne précision spatiale.
La Cantius 412, testée par Lite-Magazin, est également présentée comme une enceinte particulièrement équilibrée et précise.
Il ne s’agit évidemment pas de dire que toutes les ASW sonnaient de manière identique.
Mais cette constance dans les comptes rendus contribue à expliquer la réputation de la marque.
Une marque qui continue à évoluer
Au début des années 2010, ASW semble encore solidement installée.
La cinquième génération de Cantius est lancée en 2012.
Les gammes Opus et Genius continuent d’évoluer.
Les nouvelles enceintes sont régulièrement testées par la presse spécialisée.
Et la marque conserve sa fabrication allemande.
En 2013, HiFi Test présente encore ASW comme une entreprise capable de proposer une fabrication particulièrement soignée, tandis que Lite-Magazin qualifie la marque de l’un des fabricants d’enceintes les plus estimés en Allemagne.
Rien ne laisse donc penser que la marque appartient déjà au passé.
Et pourtant, son histoire va bientôt s’arrêter.
13 avril 2015 : le coup d’arrêt
Le 13 avril 2015, un important incendie détruit le bâtiment de stockage et de production d’ASW.
L’événement frappe directement l’outil industriel de l’entreprise.
Pour un fabricant dont une partie importante de l’identité repose justement sur une production locale, l’impact est considérable.
ASW tente de gérer les conséquences de cette catastrophe.
Mais quelques mois plus tard, la décision tombe.
Juillet 2015 : ASW arrête la fabrication d’enceintes
Le 15 juillet 2015, ASW annonce officiellement l’arrêt de la fabrication de ses enceintes.
Le 4 août, ModernHIFI rapporte la fin de l’activité de ASW Lautsprecher GmbH après près de trente ans d’existence sous cette forme.
L’annonce est particulièrement frappante.
Quelques mois auparavant, la marque présentait encore de nouveaux modèles.
La presse spécialisée testait encore ses enceintes.
Et soudain, la production s’arrête.
ASW rejoint ainsi la longue liste des fabricants européens qui ont disparu alors qu’ils possédaient encore une véritable réputation auprès des passionnés.
Mais l’histoire ne s’arrête pas vraiment
C’est ici qu’il faut apporter une nuance essentielle.
ASW disparaît en tant que fabricant d’enceintes, mais l’entreprise et le savoir-faire familial ne disparaissent pas complètement.
En avril 2016, la société est transformée en Roterring Möbelmanufaktur GmbH et l’activité se recentre sur le mobilier Hi-Fi.
Et cette évolution possède une logique presque parfaite.
Pendant des décennies, la famille avait travaillé le bois.
Elle avait fabriqué des coffrets pour différents fabricants.
Elle avait ensuite créé ASW et développé ses propres enceintes.
Après l’arrêt de cette activité, elle revient finalement vers le mobilier et le travail du bois.
Ce n’est donc pas véritablement une rupture avec l’histoire familiale.
C’est presque un retour aux sources.
Et aujourd’hui ?
C’est probablement le point qui mérite le plus d’être précisé.
Roterring existe toujours aujourd’hui.
L’entreprise actuelle se concentre sur les meubles TV, meubles média et meubles Hi-Fi, avec une production réalisée en interne.
Mais il existe une autre évolution importante.
Le site officiel de Roterring indique que son activité industrielle de fabrication de coffrets d’enceintes a finalement été arrêtée en 2024, notamment en raison de la mondialisation et du déplacement des productions vers d’autres régions du monde.
Autrement dit, l’entreprise actuelle n’est plus un fabricant de coffrets d’enceintes au sens industriel où elle l’a été pendant des décennies.
Elle est désormais principalement tournée vers le mobilier Hi-Fi et l’intégration de l’audio dans le mobilier.
Et cela donne à notre histoire une conclusion assez remarquable.
Une famille qui avait commencé avec une menuiserie en 1932, qui avait ensuite fabriqué des coffrets pour l’industrie Hi-Fi, puis créé sa propre marque d’enceintes, termine aujourd’hui son parcours autour du mobilier audio.
Pourquoi ASW mérite sa place dans ce dossier
ASW ne doit donc surtout pas être présentée comme une ancienne marque obscure que personne ne connaissait.
Ce serait faux.
Pendant près de trente ans, elle a construit une réputation réelle dans la Hi-Fi allemande.
Elle était appréciée pour sa fabrication.
Ses nombreuses finitions étaient une véritable signature.
Ses enceintes étaient régulièrement testées par la presse spécialisée.
Et plusieurs générations de Cantius, Genius ou Opus ont trouvé leur public.
La marque n’a simplement jamais atteint la puissance commerciale internationale de certains grands noms de la Hi-Fi.
Elle était davantage une marque de connaisseurs.
Et c’est justement ce qui la rend intéressante aujourd’hui.
Une disparition particulièrement brutale
Il existe également une différence importante entre ASW et les quatre autres marques de notre dossier.
Son histoire est beaucoup plus récente.
En 2013, ASW reçoit encore de très bonnes critiques pour ses produits.
En 2015, elle cesse la fabrication de ses enceintes.
Le contraste est saisissant.
Il ne s’agit donc pas d’une marque dont le déclin s’étale sur plusieurs décennies.
L’arrêt intervient relativement brutalement, dans un contexte marqué notamment par l’incendie de son outil de production.
Cela explique en partie pourquoi ASW reste aujourd’hui relativement méconnue des nouvelles générations d’audiophiles.
Elle n’a tout simplement pas eu le temps de devenir une « marque historique » au sens classique.
Elle a disparu alors qu’elle était encore contemporaine.
Les ASW sont-elles devenues des enceintes « vintage » ?
C’est là encore un paradoxe intéressant.
Une Cantius des dernières générations n’a pas l’apparence d’une enceinte des années 1970.
Certaines étaient encore commercialisées au début des années 2010.
Elles utilisent des matériaux modernes, des membranes carbone, des tweeters sophistiqués et des finitions très contemporaines.
Pourtant, l’arrêt de la production en 2015 leur a rapidement donné un statut particulier.
Elles sont devenues des enceintes de production arrêtée, recherchées sur le marché de l’occasion.
Et leur rapport qualité/prix peut aujourd’hui être particulièrement intéressant pour l’amateur qui accepte d’acheter une enceinte qui n’est plus produite.
Une histoire qui revient au bois
Finalement, c’est peut-être le détail le plus poétique de toute l’histoire d’ASW.
Tout commence avec une famille de menuisiers.
Puis vient la fabrication de coffrets pour l’industrie Hi-Fi.
Puis la création d’ASW.
Pendant près de trente ans, la marque fabrique des enceintes Made in Germany, dont les coffrets et les finitions deviennent une partie importante de son identité.
Puis ASW disparaît.
Et l’entreprise familiale revient vers le mobilier Hi-Fi.
Aujourd’hui, Roterring continue de travailler le bois et de fabriquer ses meubles dans ses propres ateliers.
L’enceinte a disparu. Le savoir-faire, lui, a survécu.
ASW, la discrète oubliée de notre Grand Dossier
Notre voyage se termine donc avec une histoire très différente de celle d’Acoustic Research.
Acoustic Research avait contribué à transformer l’industrie américaine.
SIARE représentait une partie du savoir-faire industriel français.
Goodmans avait été un véritable géant britannique.
THIEL avait construit son identité autour d’une philosophie acoustique extrêmement personnelle.
Et ASW ?
ASW représente quelque chose de plus discret.
La qualité d’un constructeur spécialisé qui n’a jamais eu besoin d’être une marque de masse pour être respectée.
Elle représente aussi une certaine idée de la fabrication allemande : précision, soin du coffret, personnalisation et recherche d’une restitution équilibrée.
Et surtout, elle raconte une histoire qui dépasse largement ASW elle-même.
Celle d’une famille dont le métier du bois a accompagné l’évolution de la Hi-Fi pendant plusieurs générations.
De la menuiserie de 1932 aux coffrets fabriqués pour de grands constructeurs, puis des premières enceintes sur commande aux Cantius, Genius et Opus d’ASW, le fil conducteur est toujours resté le même :
construire.
Construire avec du bois.
Construire avec précision.
Construire pour durer.
Puis, lorsque le marché a rendu cette activité de plus en plus difficile, revenir finalement à ce savoir-faire originel.
Aujourd’hui, les enceintes ASW ne sont plus fabriquées.
Mais leurs produits restent présents chez les passionnés et sur le marché de l’occasion.
Et lorsqu’on croise une Cantius, une Genius ou une Opus, il faut se souvenir qu’elle ne vient pas simplement d’une petite marque allemande disparue.
Elle est l’aboutissement de plusieurs décennies de savoir-faire familial dans le bois, le coffret et l’audio.
C’est probablement la meilleure manière de terminer ce Grand Dossier.
Certaines marques disparaissent. Certaines usines ferment. Mais le savoir-faire peut continuer son chemin autrement.
Et dans le cas d’ASW, ce chemin ramène finalement là où tout avait commencé :
au bois.